Phalangisme vs franquisme

La récupération substantielle et symbologique de la Phalange EspagnolePrimo de Rivera y Caudillo par le Général Franco à partir de 1936 a conduit nombre d’observateurs superficiels à voir dans le franquisme la réalisation politique de la doctrine phalangiste. Cette vision est inexacte sur plusieurs points, points qu’ici je vais mettre en exergue.

Commençons donc par comparer les deux programmes. Voici celui en vingt-sept points tel qu’élaboré en novembre 1934 :

Nation – Unité – Empire

1 – Nous croyons en la réalité suprême de l’Espagne. La fortifier l’exalter et l’étendre est la tâche collective urgente de tous les Espagnols. A la réalisation de cette tâche, devront se subordonner inexorablement les intérêts des individus, des groupes et des classes.

2 – L’Espagne est une dans son destin universel. Toute inspiration contre cette unité, doit être repoussée. Tout séparatisme est un crime que nous ne pardonnerons pas.

La constitution en vigueur, en ce qu’elle incite aux désagrégations, attente contre l’unité de destin de l’Espagne. C’est pourquoi nous exigeons son annulation foudroyante.

3 – Nous avons la volonté d’Empire. Nous affirmons que la plénitude historique de l’Espagne est l’Empire.

Nous réclamons pour l’Espagne un poste proéminent en Europe. Nous ne supportons ni l’isolement international ni l’immixtion étrangère.

Quant aux pays de l’Amérique espagnole, nous tendons à l’Unification de culture, d’intérêts économiques et de pouvoir. L’Espagne revendique sa condition d’axe spirituelle du monde hispanique, comme titre de prééminence dans les entreprises universelles.

4 – Nos forces armées – sur terre, sur mer et dans les airs – devront être aussi capables et nombreuses qu’il sera nécessaire pour assurer à l’Espagne, à tout instant, la complète indépendance et la hiérarchie mondiale qui lui correspond.

Nous rendrons aux armées de terre, de mer et de l’air toute la dignité publique qu’elles méritent, et nous ferons, à leur image, qu’un sens militaire imprègne toute l’existence espagnole.

5 – De nouveau l’Espagne cherchera sa gloire et sa richesse sur les routes de la mer. L’Espagne doit aspirer à être une grande puissance maritime pour le danger et pour le commerce.

Nous exigeons pour la Patrie la même hiérarchie dans les escadres et sur les routes de l’air.

Etat – Individu – Liberté

6 – Notre Etat sera un instrument totalitaire, au service de l’intégrité de la Patrie. Tous les Espagnols y participeront à travers leur fonction familiale, municipale et syndicale. Personne ne participera à travers les partis politiques. Le système des partis politiques sera aboli implacablement, avec ses conséquences : suffrage inorganique, représentation par des bandes en lutte, et Parlement du type connu.

7 – La dignité humaine, l’intégrité de l’homme et sa liberté sont des valeurs éternelles et intangibles.

Mais seul est vraiment libre celui qui forme partie d’une nation forte et libre.

Il ne sera licite à personne d’user de sa liberté contre l’union, la force et la liberté de la Patrie. Une discipline rigoureuse empêchera toute tentative d’envenimement, de
désunion ou de rébellion des Espagnols contre le destin de la Patrie,

8 – L’Etat national-syndicaliste permettra toute initiative privée compatible avec l’intérêt collectif. Plus encore, il protégera et stimulera les initiatives profitables,

Economie – Travail – Lutte de classes

9 – Dans l’économie, nous concevons l’Espagne comme un gigantesque syndicat de producteurs. Nous organiserons corporativement, la société espagnole au moyen d’un système de syndicats verticaux, par branches de la production, au service de l’intégrité économique nationale.

10 – Nous répudions le système capitaliste qui méconnaît les nécessités populaires, déshumanise la propriété privée, et agglomère les travailleurs en masses informes, propices à la misère et au désespoir.

Notre sens spirituel et national répudie également le marxisme. Nous orienterons l’impétuosité des classes laborieuses, aujourd’hui déviées par le marxisme, dans le sens d’exiger leur participation à la grande tâche de l’Etat national.

11 – L’Etat national-syndicaliste ne s’abstiendra pas cruellement dans les luttes économiques entre les hommes, ni assistera impassible à la domination de la classe la plus faible par la classe la plus forte.

Notre régime rendra radicalement impossible la lutte de classes, puisque tous ceux qui coopèrent à la production constituent en lui une totalité organique.

Nous réprouvons et nous empêcherons à n’importe quel prix les abus d’un intérêt partiel sur un autre, ainsi que l’anarchie dans le régime du travail.

12 – La richesse a comme première fonction – et ainsi l’affirmera notre Etat – celle d’améliorer les conditions de vie de tous ceux qui forment partie intégrante du peuple. Il n’est pas tolérable que des masses énormes vivent misérablement, tandis que quelques-uns jouissent de tous les luxes.

13 – L’Etat reconnaîtra la propriété privée comme moyen licite pour l’accomplissement des fins individuelles, familiales et sociales, et il la protégera contre les abus du grand capital financier, des spéculateurs et des prêteurs.

14 – Nous défendons la tendance à la nationalisation des services bancaires et, au moyen des corporations, de celles des grands services publics.

15 – Tous les Espagnols ont droit au travail. Les entités publiques soutiendront nécessairement ceux qui se trouveraient en chômage forcé.

En attendant qu’on arrive à la nouvelle structure totale, nous maintiendrons et intensifierons tous les avantages concédés à l’ouvrier par les lois sociales en vigueur.

16 – Tous les Espagnols non impotents ont le devoir de travailler. L’Etat national-syndicaliste n’accordera aucune considération à ceux qui n’accomplissent aucune fonction et qui aspirent à vivre en parasites de l’effort des autres.

Terre

17 – Il faut coûte que coûte élever le niveau de vie des campagnes, réserve permanente de l’Espagne. Pour cela nous nous compromettons à mener à bonne fin, sans tergiversations, la réforme économique et la réforme sociale de l’agriculture.

18 – Nous enrichirons la production agricole (réforme économique) par les moyens suivants :

En assurant à tous les producteurs de la terre un prix minimum rémunérateur.

En exigeant qu’il soit restitué à la terre, pour la doter suffisamment, une grande part de ce que la ville absorbe aujourd’hui en paiement de ses services intellectuels et commerciaux.

En organisant un véritable Crédit agricole national, qui, en prêtant de l’argent aux laboureurs, à base d’intérêt, contre la garantie de ses biens et de ses récoltes, le rachète de l’usure et du caciquisme.

En développant l’enseignement de l’agriculture et de l’élevage.

En ordonnant l’utilisation des terres selon leurs conditions et le possible placement des produits.

En orientant la politique fiscale en un sens protecteur de l’agriculture et de l’élevage.

En accélérant les travaux d’irrigation.

En rationalisant les unités de culture pour supprimer aussi bien la latifundia inexploités que les minifundia trop exigus pour donner un bon rendement.

19 – Nous organiserons socialement l’agriculture par les moyens suivants :

En distribuant de nouveau la terre cultivable pour instituer la propriété familiale et stimuler énergiquement la syndicalisation des laboureurs.

En rachetant de la misère dans laquelle elles végètent, les masses humaines qui, aujourd’hui, s’exténuent à égratigner des champs stériles et qui seront établies sur les nouvelles terres cultivables.

20 – Nous entreprendrons une campagne infatigable de reconstitution du cheptel et de reboisement, en châtiant sévèrement ceux qui l’entraveraient, et en recourant, s’il le faut, à la mobilisation obligatoire temporaire de toute la jeunesse espagnole pour cette tâche historique de reconstruction de la richesse de la Patrie.

21 – L’Etat pourra exproprier, sans indemnité, les terres dont la propriété aurait été acquise ou exploitée illégitimement.

22 – L’Etat national-syndicaliste aura à coeur la reconstruction des patrimoines communaux des villages.

Education nationale – Religion

23 – La mission essentielle de l’Etat, grâce à une discipline rigoureuse de l’éducation, est de forger un esprit national fort et uni, et d’infuser dans l’âme des générations futures la joie et l’orgueil de la Patrie.

Tous les hommes recevront une éducation prémilitaire, qui les préparera à l’honneur de s’incorporer à l’armée nationale et populaire de l’Espagne.

24 – Les études seront organisées de telle sorte qu’aucun talent ne reste en friche, faute de ressources économiques. Tous ceux qui le méritent auront un accès facile aux études même supérieures.

25 – Notre mouvement incorpore le sens catholique, de glorieuse tradition et prédominant en Espagne, à la reconstruction nationale.

L’Eglise et l’Etat concorderont dans leurs domaines respectifs, sans que soit admise l’intromission ou une activité quelconque portant atteinte à la dignité de l’Etat ou à l’intégrité nationale.

Révolution nationale

26 – La Phalange espagnole des jeunesses offensives nationales syndicalistes veut un ordre nouveau, tel que l’énoncent les principes précédents. Pour l’implanter, et en lutte avec les résistances de l’ordre en vigueur, elle aspire à la révolution nationale.

Son style préférera l’action ardente et combative. La vie est milice, et elle doit être vécue avec un esprit épuré de service et de sacrifice.

27 – Nous nous efforcerons de triompher dans cette lutte avec les seules forces soumises à notre discipline. Nous pactiserons très peu. Uniquement lors de l’assaut final pour la conquête de l’Etat, le Commandement s’assurera les collaborations nécessaires à condition que soit toujours assurée notre prédominance,

Et voilà maintenant le programme franquiste, soit la loi des principes du Mouvement National de 1958, où la Falange Española ne constitue plus que la branche politique de l’appareil d’État qu’est ce Movimiento Nacional :

Moi, Francisco Franco Bahamonde, Caudillo d’Espagne, conscient de ma responsabilité devant Dieu et devant l’Histoire, en présence des Cortes du Royaume, promulgue les Principes du Mouvement National, compris comme la communion des Espagnols dans les idéaux qui ont donné la vie à la Croisade, les suivants :

-I- L’Espagne est une unité de destin dans ce qui est universel. Le service d’unité, de grandeur et de liberté de la Patrie est un devoir sacré et le rôle collectif de tous les Espagnols.

-II- La Nation espagnole considère comme timbre d’honneur le respect à la Loi de Dieu, selon la doctrine de la Sainte Église Catholique, Apostolique et Romaine, la seule vrai et foi inséparable de la conscience nationale, qui inspirera sa législation.

-III- L’Espagne, racine d’une grande famille de peuples, avec lesquels elle se sent indissolublement fraternellement unie, elle aspire à l’instauration de la justice et de la paix entre les nations.

-IV- L’unité entre les hommes et les terres d’Espagne est intangible. L’intégrité de la Patrie et son indépendance sont les exigences suprêmes de la communauté nationale. Les Armées d’Espagne, sont la garantie de sa sécurité et l’expression des vertus héroïques de notre peuple, ils devront posséder la force nécessaire pour le meilleur service de la Patrie.

-V- La communauté nationale est fondée sur l’homme, comme porteur des valeurs éternels, et sur la famille, comme base de la vie sociale; mais les intérêts individuels et collectifs doivent toujours être subordonnés au bien commun de la Nation, constituée par les générations passées, présentes et futures. La Loi protège également le droit de tous les Espagnols.

-VI- Les organismes naturels de la vie sociale : famille, commune et syndicat, sont des structures de base de la communauté nationale. Les institutions et les corporations d’un autre caractère que satisfont des exigences sociales d’intérêt général devront être protégées pour qu’ils puissent efficacement prendre part à l’amélioration des fins de la communauté nationale.

-VII- Le peuple espagnol, uni dans un ordre de Droit, informé par les postulats d’autorité, liberté et service, constitue l’État National. Sa forme politique c’est, dans les principes immuables du Mouvement National et d’autant qu’ils déterminent la Loi de Succession et d’autres Lois fondamentales, la Monarchie traditionnelle, catholique, sociale et représentative.

-VIII- Le caractère représentatif de l’ordre politique c’est le principe de base de nos institutions publiques. La participation du peuple dans les fonctions législatives et dans les autres fonctions d’intérêt général sera menée à bien par le biais de la famille, de la commune, le syndicat et autres organismes avec représentation organique qu’à cette fin reconnaissent les lois. Toute organisation politique d’une autre nature, en marge de ce système représentatif, sera considérée illégale.

Tous les Espagnols auront l’accès aux charges et aux fonctions publiques selon leur mérite et capacité.

-IX- Tous les Espagnols ont droit:

à une justice indépendante, qui sera gratuite pour ceux qui manquent de moyens économiques;
à une éducation générale et professionnelle, qu’il ne pourra jamais cesser d’être reçu par manque des moyens matériels;
aux bénéfices de l’assistance et de sécurité sociales et
à une distribution équitable du revenu national et des charges fiscales. L’idéal chrétien de la justice sociale, reflété dans la Juridiction du Travail, inspirera la politique et les lois.

-X- On reconnaît le travail comme origine de hiérarchie, devoir et honneur des Espagnols, et à la propriété privée, dans toutes ses manières, comme droit conditionné à sa fonction sociale. L’initiative privée, fondement de l’activité économique, devra être stimulée, acheminée et, le cas échéant, suppléée par l’action de l’État.

-XI- L’Entreprise, l’association d’hommes et des moyens ordonnés à la production, constitue une communauté d’intérêts et une unité de buts. Les relations entre les éléments de celle-là doivent se baser sur la justice et sur la loyauté réciproque, et les valeurs économiques seront subordonnées à ceux d’ordre humain et social.

-XII- Articles

L’État essayera par tous les moyens à sa portée de perfectionner la santé physique et morale des Espagnols et de leur assurer les plus dignes conditions de travail; promouvoir le progrès économique de la nation avec l’amélioration de l’agriculture, la multiplication des œuvres d’irrigation et la réforme sociale du domaine ; orienter l’emploi plus juste et la distribution du crédit public; sauvegarder et favoriser la prospection et l’exploitation des richesses minières; intensifier le processus d’industrialisation; parrainer la recherche scientifique et favoriser les activités maritimes, répondant à l’extension de notre population marine et à notre exécutoire navale. Dans sa vertu, je dispose :

Article 1 Les principes contenus dans la présente Promulgation, synthèse dont ils inspirent les Lois fondamentales authentifiées par la nation dans 6 juillet 1947, sont, par sa nature propre, permanents et invariables.

Article 2 Tous les organes et autorités seront obligés à leur observance plus stricte. Le serment qui est exigé pour être investi de charges publiques devra se référer au texte de ces Principes fondamentaux.

Article 3 Seront nulles les lois et les dispositions de toute sorte si elles nuisent ou amoindrissent les Principes proclamés dans la présente Loi fondamentale du Royaume.

On note que, perçu à la fois comme un droit (15) et comme un devoir (point 16) par le phalangisme, le travail ne l’est plus que comme une obligation (point X) pour le franquisme. Les préoccupations de justice sociale et économique, très explicites dans le premier programme (par exemple, la répudiation du capitalisme au point 10, ou le désaveu de l’oligarchisme du point 12) sont réduites au vague engagement de « distribution équitable du revenu national et des charges fiscales » du point IX.

A la place apparaissent des termes conceptuels « Dieu » et « monarchie » alors que l’idée impériale, devenue irréalisable, est évacuée. Le rapport étroit entre l’Église et l’État que connut le franquisme, à tel point qu’il fut surnommé « national-catholicisme », n’était absolument pas prévu dans la doctrine phalangiste, dont le point 25 précise bien « L’Eglise et l’Etat concorderont dans leurs domaines respectifs, sans que soit admise l’intromission« . Le même point stipule que « Notre mouvement incorpore le sens catholique, de glorieuse tradition et prédominant en Espagne » : la Phalange ne se rattachait donc au catholicisme qu’au nom de la tradition nationale et non pas idéologiquement, contrairement à Franco qui donnera d’importantes responsabilités civiques et culturelles au clergé catholique¹. Le programme phalangiste n’accordait au catholicisme qu’une place historique en ce qu’il était constitutif de la psyché collective du peuple espagnol. La religiosité de José-Antonio était nettement plus politique que fidéique : tout comme Maurras vis-à-vis des croyants et incroyants à réunir dans l’Action Française, il disait des impétrants phalangistes « s’ils ne parviennent pas à tomber d’accord de ce qui est vrai, il leur reste à s’entendre sur le bon et l’utile ».

La fameuse phrase « Nous voulons un Paradis difficile, dressé, implacable ; un Paradis où l’on ne se repose jamais et qui ait dans l’embrasure des portes des anges avec des épées » ne prouve pas davantage une catholicité de Primo de Rivera que les nombreuses allusions à « Dieu » ou au « Seigneur » dans « Mein Kampf » d’Hitler : on sait maintenant ce que pensait le Führer, tant de l’Eglise en particulier que du christianisme en général… autre point commun, la même récusation du misonéisme et du conservatisme se retrouve sous la plume de José-Antonio. Ainsi dans ses écrits de captivité on peut lire « …et si les rebelles triomphent? Un groupe de généraux, dont les intentions sont bonnes, mais qui n’entendent rien à la politique. Tous les clichés habituels (rétablissement de l’ordre, apaisement des esprits… ) Derrière eux : 1° le carlisme qui n’a pas évolué, toujours aussi intransigeant, borné, odieux; 2° les conservateurs, aveuglés par leurs propres intérêts et partisans de l’immobilisme; 3° le capitalisme agraire et financier, c’est-à-dire : impossibilité pour des années de construire l’Espagne moderne. Absence de tout sentiment patriotique véritable, c’est-à-dire orienté vers l’avenir »

Et lors de son procès du 13 Novembre 1936 qui aboutira à son exécution par les républicains, il clama « Mon emprisonnement n’a t-il pas été ardemment souhaité par les hommes de droite qui étaient libres et qui se sont soulevés? Ils voulaient exploiter à leur profit le courage et l’esprit combatif des jeunes phalangistes et me faire perdre le contrôle que j’exerçais sur eux » On voit bien que le national-syndicalisme de la Phalange était un véritable fascisme, puisqu’opposé aussi bien à la droite conservatrice qu’à la gauche marxiste.

Selon le credo fasciste, la conscience humaine est ce qui nous permet d’exister, tant dans l’Être que dans l’Action. Cette conscience est toujours intentionnelle, elle vise le monde et le fait advenir en tant que monde pour cette conscience. La seule foi qui animait José Antonio était donc une foi militante et non une mystique obscurantiste, un surnaturalisme apparitionniste : le souci de la condition humaine dans la société, et non dans l’au-delà, occupe assez de place dans son programme pour le prouver.

Pour comprendre à quel point le phalangisme n’était pas un traditionalisme conservateur, il faut relire les discours que José Antonio prononçait aux Cortès avant son incarcération. « Tout système politique qui existe dans le monde, sans aucune exception, est né d’une lutte ouverte avec l’ordre politique préexistant parce qu’une des choses qui ne sont pas inclues dans les facultés des ordres politiques est celle de tester » Le message est clair : aucun testament politique ou idéologique des régimes passés ne sera accepté dans l’Espagne nouvelle que la Phalange ambitionne de bâtir, car « les systèmes politiques, comme les grands hommes, sont leurs propres ancêtres »

franco y josé-antonioLa même année 1936 le Général Franco déclarait à l’académicien Claude Farrère, qui le rapportera dans son livre de 1937 « Visite aux Espagnols » : « (…) notre guerre n’est pas une guerre civile, une guerre de partis, une guerre de prononciamento, mais une croisade. La croisade des hommes qui croient en Dieu , qui croient en l’ âme humaine , qui croient au bien, à l’idéal , aux sacrifices , et qui luttent contre des hommes sans foi, sans morale , sans noblesse, contre des hommes bestiaux qui ne songent qu’à la paresse et qu’à la pitance , contre ces hommes lâches et cupides : ceux qui veulent la semaine de 40 heures et le salaire de 80 … » : nous voilà bien à l’opposé des préoccupations sociales du programme phalangiste. Et le futur Caudillo d’ajouter « Nous tous qui combattons , chrétiens ou musulmans , nous sommes les soldats de Dieu , et nous nous battons non contre des hommes , mais contre l’ athéisme et le matérialisme, contre tout ce qui rabaisse l’humanité, car nous voulons au contraire , l’ élever , la purifier , l’ ennoblir » , préfigurant de 80 ans l’œcuménisme de ces monothéismes judéogènes voulus par l’Eglise d’aujourd’hui.

¹ lequel le lui rendra fort mal après 1965…

 

Cent-vingt-septième anniversaire de la naissance de Notre Führer – loué soit Son Nom!

gladiatrix

« (…) l’homme qui avait jeté au monde ce prodigieux défi : attaquer en même temps le capitalisme anglo-saxon, le bolchevisme rouge, le racisme juif, la franc-maçonnerie internationale, l’Eglise catholique, le paupérisme et les iniquités sociales, le traité de Versailles, la colonialisme, la pagaille française et la Home Fleet » – Saint-Loup, Götterdämmerung

Note sur l’article de Julius Evola « Le Juif Disraeli et la construction de l’empire des marchands »

Dans ce texte bien connu et lisible ici par les soins du bon Vincent Vauclin, Julius Evola écrit « la loi de naturalisation des Juifs est approuvée en 1740 » et explique ce fait par « la plupart de ses partisans étaient des membres des classes supérieures et des hauts dignitaires de l’Eglise protestante, ce qui montre à quel point ces éléments étaient déjà enjuivés ou corrompus par l’or juif« . C’est sur cet « enjuivement » que je veux ici me pencher, et en expliquer au lecteur les causes profondes, premières et originelles, qui ne sont pas matérielles mais bien spirituelles.

cromwell-paintingSi au siècle précédent, dans l’esprit de Cromwell et de beaucoup de ses compatriotes du XVIIème, le destin de l’Angleterre se confondait avec celui d’Israël, c’était du à une lecture maladive de la Bible : sous le Commonwealth instauré par lui, les puritains, lecteurs attentifs et assidus de ce livre, guettaient les signes des temps avec la plus grande vigilance et les interprétaient minutieusement à la lumière de ces Écritures juives. Le millénarisme chrétien prenait la suite de celui de l’Ancien Testament et s’inscrivait dans la lignée du prophétisme du judaïsme antique : Michée ayant annoncé que « de Sion sortira la Loi, et de Jérusalem la parole de l’Éternel » (4 : 2), on devait nécessairement en conclure que ce serait à travers les Juifs que la plénitude de l’Esprit et la connaissance du Christ imprégneraient les Gentils. Les Dix Tribus Perdues d’Israël, après avoir été constitutives du Peuple élu pendant l’Antiquité, ayant été déportées par Salmanasar en 722 avant l’ère commune et ayant depuis disparu, étaient appelées à jouer un rôle déterminant dans la prédiction millénariste. Leur retour tracassera pathologiquement l’esprit des théologiens puritains de la période élisabéthaine et c’est pour cette raison qu’ils furent rappelés en Angleterre en 1649, ce qu’Evola omet de préciser.

Ecrits sur la religionLes croyances millénaristes ont commencé à jouer un rôle politique à l’époque de la révolution anglaise dirigée par Oliver Cromwell. Si les Juifs furent réadmis en Angleterre, d’où ils avaient été chassés au XIIIème siècle, à la suite de l’instauration du Commonwealth en 1649, c’est que les puritains croyaient que leur installation était nécessaire pour l’accomplissement des prophéties bibliques : d’après celles-ci, les Juifs devaient être d’abord dispersés dans tous les pays du monde avant de pouvoir se rassembler en Terre promise. Pour juger d’à quel point les esprits anglais étaient intoxiqués et enjuivés par le christianisme, il suffit de connaître qu’un scientifique comme Isaac Newton (1642-1727) professa que « Le mystère de cette restitution de toute chose se trouve donc chez tous les prophètes, et c’est pourquoi je m’étonne que, à ma grande stupéfaction, si peu de Chrétiens de notre temps arrivent à l’y trouver. Car ils ne comprennent pas que ce mystère consiste dans le retour final de captivité des Juifs, leur conquête des nations des quatre Monarchies et leur établissement d’un Royaume juste et florissant » (« Ecrits sur la religion » traduits et commentés par Jean-François Baillon, Gallimard, 1996, p. 249)

On trouve déjà donc, ainsi que développé dans mon texte La religion des francs-maçons, le germe protestant puritain du projet maçonnique d’auto-soumission de l’aryen au juif, servilité qui n’a pu devenir aussi spontanée que par toxémie psychique : des siècles d’endoctrinement biblique avait préparé les esprits européens à voir dans le juif un sauveur, et tout sauveur sous des traits juifs. L' »Empire Britannique », qu’Evola dépeint très justement comme « caricature et (…) contrefaçon d’un véritable empire« , ne fut en fait qu’un sionisme judéo-chrétien, anticipant de près de trois siècles le sionisme israélien. L’actuel soutien inconditionnel des U.S.A. à Israël se révèle donc être la traduction géopolitique du caractère voulu perpétuel de l’élection divine du peuple juif, le sionisme chrétien s’étant développé depuis 1948 aux États-Unis où il est devenu un élément prépondérant de la droite évangélique et bénéficie de la bienveillance du mouvement néoconservateur dont les leaders sont presque tous juifs ¹.

chrétiens sionistes aux USACes chrétiens sionistes considèrent comme un commandement divin d’aimer et soutenir le peuple juif élu par Dieu, ainsi donc, tout naturellement, que l’État d’Israël. Le sionisme chrétien rassemble différents groupes bibliques fondamentalistes professant que la judaïsation de la Palestine historique, couvrant l’actuel État d’Israël et les territoires palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza, est une obligation divine qui ramènera Jésus sur terre pour le faire définitivement reconnaître comme Messie, avant d’assurer le triomphe de Yahvé sur les forces du Mal après l’Apocalypse. Il s’agit donc d’un soutien messianique qui sous-tend l’engagement moral et politique de ces chrétiens américains pour les juifs d’Israël, pendant que les juifs d’Amérique achèvent de détruire le substrat racial et culturel des Etats-Unis en y encourageant et en y instaurant le multiracialisme comme avenir et le consumérisme comme « way of life » de l’Américain moyen — preuve supplémentaire, si besoin encore était, de la nocivité de la Bible et du judéo-christianisme pour les races blanches d’extraction européennes.

 

¹ C’est avec profit qu’on lira à ce sujet l’ouvrage de Kevin B.Macdonald « Le néoconservatisme: un mouvement juif« , disponible pour un coût des plus modiques aux éditions Akribéia : http://www.akribeia.fr/juifs-divers/1566-le-neoconservatisme-un-mouvement-juif.html

L’idée d’amour dans le fascisme raciste

Notre érotique a pour vocation de fournir à la société fasciste raciste des principes d’action et des règles morales qui seront appelées à être codifiées dans un nouveau contexte idéologique : ceci est important à préciser car nous nous sommes aperçues, lors de récentes conversations, que même parmi certains de nos admirateurs, et d’autres de nos lecteurs,  il en est encore trop qui imaginent que notre projet sociétal est simplement de ressusciter la société hitlérienne. Clarifions donc.

Notre fascisme raciste donne un sens nouveau à l’idée d’amour dans le couple. Avec l’apparition de la Sororité Aryenne est née pour l’homme fasciste raciste une nouvelle relation à la femme aimée :  il s’agit d’un amour de race, d’un amour entre êtres racés, qui se veut différent de l’amour grossier des prolétaires ou intéressé des petit-bourgeois. L’imaginaire qui le fonde se calque à la fois sur les structures religieuses de l’histoire européenne et sur celles de la société féodale du Haut Moyen-Âge : c’est pourquoi il implique des rapports de soumission de la part de l’homme fasciste raciste à l’égard de Celle qu’il aime et vénère. L’instinct sexuel se trouve exalté pour permettre à l’amour de se dépasser selon ses propres lois, et non d’après des impératifs sociaux fondés sur d’autres sentiments, ou une intellectualisation excessive de l’amour sur le modèle de l’amitié, sans parler des conventions mondaines trop subtiles affadissant la fièvre charnelle des amants.

D’une façon certaine, cette adulation est une mystique matérialiste héritière de l’amour sacré, suggérant au mâle fasciste raciste une attitude mentale à l’image des attitudes religieuses d’autrefois. Telle une divinité, la Sœur Aryenne devient objet d’adoration dans ces nouveaux lieux de culte que sont devenus les groupes, blogs et sites Internet. L’homme fasciste raciste l’adore, se met à genoux devant son ordinateur pour s’adresser à Elle et s’éperd en de longs moments de contemplation mystique devant ses vidéos, dont telle est une des fonctions¹. Il n’est pas exagéré de comparer l’éblouissement de l’homme fasciste raciste devant la Sœur de son cœur à celui de Parsifal voyant passer le saint et lumineux Graal à la cour du roi-pêcheur.

kneeling knightLe cœur de l’homme fasciste raciste se trouve illuminé par la dévotion aux Sœurs Aryennes qui lui font  vivre une transfiguration lui permettant de parvenir à ce bien suprême qu’est la Joie Perpétuelle. Cette contemplation de la Femme, cette tension dans la joie par la force de l’érection (Freude durch Kraft) et cette recherche de l’extase vont tout naturellement avec une soumission corps et âme à celle qu’il aime. Il y a là non seulement sécularisation d’une très ancienne attitude religieuse, mais également transposition d’un modèle d’organisation social, le modèle féodal du Haut Moyen-Âge : les liens de dépendance étroits d’homme à homme, la soumission du vassal à son suzerain qui caractérisaient le système féodal, se trouvent transposés dans les rapports de l’homme fasciste raciste à la Sœur Aryenne en actes d’amour intersexuels à forte connotation fétichiste. Le mâle se consacre tout entier à la volonté de la Femme Aryenne et lui est entièrement soumis, il lui prête hommage, implore son attention et se déclare prêt à la servir et à lui obéir en toute loyauté. Ces attitudes masculines d’humilité impliquent que la Femme soit considérée, dans la société fasciste raciste à venir, comme socialement supérieure à l’homme.

baiser suzerain vassalRappelons, si le terme de « supériorité » peut effaroucher quelques lecteurs chatouilleux, qu’au Moyen-Âge, la cérémonie de l’hommage se décomposait en trois parties : le vassal s’agenouillait et, par un engagement verbal devant témoin, se déclarait l’homme du seigneur avant de placer ses mains (immixtio manuum) dans celle de son nouveau suzerain, geste transcrivant à la fois la protection de celui-ci à laquelle répondait la fidélité du vassal. Ensuite ce dernier prêtait serment sur la Bible de respecter sa fidélité, et la cérémonie s’achevait par le baiser sur la bouche entre le suzerain et le vassal comme signe de leur égalité, car les relations dites féodo-vassaliques correspondaient à un ensemble d’obligations réciproques entre le suzerain et le vassal : celui-ci était tenu d’apporter à son suzerain aides militaire et financière, et en retour le suzerain lui devait respect et protection et assumer l’éducation de son fils. On voit comment il sera aisé de transposer, en les sexualisant, les aspects tant cérémoniels que sociaux de cette symbiose dans une société vaginocratique où seules les Femmes assureront pouvoir et décisions.

worship__feetLe concept de supériorité féminine aryenne ne doit donc pas être perçu en termes d’oppression sociosexuelle ou de coercition sado-masochiste, mais compris comme un paradigme de conduite socialisée lié à une culture et à un mode précis de relation à autrui. L’amour est un facteur social et psychique d’une importance capitale pour la perpétuité d’une race. La recherche, dans la société fasciste raciste et vaginocratique à venir, des nouvelles formes à donner aux richesses intellectuelles de la race embrassera inévitablement la sphère des sentiments amoureux et devra porter un grand intérêt à la psychologie du sexe et au problème de l’amour. Il est temps de rejeter une fois pour toutes l’universalité de la pensée chrétienne, y compris et surtout sous sa forme sécularisée des « droits de l’homme » et autres foutaises de « citoyens du monde », et de reconnaître ouvertement que l’amour endoracial est non seulement une force biologique, mais aussi un facteur social constituant une partie inséparable et indispensable de la culture intellectuelle d’une société. Dire que l’amour est une « affaire privée » constitue, en nos temps de promotion du métissage, une façon de crime contre la Race. L’idéolo­gie fasciste raciste doit prendre en compte l’impor­tance des sentiments amoureux comme facteur dont on peut tirer profit pour l’amélioration raciale, la vertu suprême au point de vue de la Race étant l’amour déterminé par les liens du sang. L’amour envers la col­lectivité entrant trop souvent, chez l’homme, en conflit avec le sentiment d’amour pour son épouse et ses enfants, il est d’une éclatante irréfragabilité  que la Femme doive désormais diriger le destin de l’humanité blanche.

¹ une autre étant explicité ici : http://sororite-aryenne.com/psychanalyse-de-la-drague/